La Roulette

La roulette est peut-être de tous les jeux de casino le plus emblématique, métaphore parfaite des jeux de hasard.
Comme le blackjack précédemment évoqué, la roulette est née en France au XVIIIe siècle, descendant de jeux catalans et italiens au fonctionnement similaire. Dans sa forme première, la roulette du XVIIIe est encore relativement éloignée de celle que nous connaissons aujourd’hui. En effet, on ne parie pas alors sur des numéros mais sur des couleurs de portiques au travers desquels une boule s’engouffre. Au cours du XVIIIe siècle, le jeu est frappé d’interdictions multiples par le biais d’ordonnances royales ou de police, toujours ignorées.
Une fois encore, le jeu migre en Angleterre. Là-bas, il se parfait, se mue en un cylindre sur lequel on propulse une boule. Le tout est pourvu d’alvéoles blanches et noires, paires et impaires. Fort de son succès, le jeu fait son retour en France où il acquiert sa forme définitive dans les dernières années du XVIIIe siècle. Au siècle suivant, la roulette connaît un triomphe véritable à Monte Carlo; les jeux d’argent y sont en effet légaux. Elle poursuit plus tard son ascension aux Etats-Unis.
Le principe même de la roulette (qui connaît plusieurs variantes selon les pays) est celui d’une loterie. Les croupiers, jusqu’au nombre de trois, président à la partie. Les joueurs misent sur un ou plusieurs numéros. Dans le premier cas, on dira que l’on joue en plein. Plus les numéros choisis sont nombreux, moins le gain final est élevé puisque les chances de voir apparaître un numéro gagnant se trouvent multipliées. La roulette française compte trente-sept alvéoles soient trente-six numéros et un zéro. Les rapports des mises, qui apparaissent bien complexes, ont été calculés pour favoriser les casinos. On notera de même que le fait de voir surgir, lorsque l’on a joué en plein, le numéro sur lequel on a misé, ne permet de remporter que trente-cinq fois la mise et non trente-sept, ce qui serait logique compte tenu du nombre de cases que comporte une roulette.
Des mathématiciens se sont attachés à cette fameuse roulette. Il leur semblait si peu plausible que l’on puisse y gagner quelque argent … Impression confirmée par l’examen attentif du système de fonctionnement de ce jeu. Leurs calculs, nombreux, ont abouti souvent au même constat : les chances de gain sont vaines ou presque. Au mieux récupère-t-on sa mise. Les seuls espoirs de l’emporter plusieurs fois résideraient dans une maîtrise des calculs de probabilités et surtout dans le fait de jouer avec une roue truquée ou usée. Certains numéros surgiraient ainsi plus souvent que d’autres et il suffirait d’analyser la fréquence de ces sorties avant de se risquer à miser. Seulement, voilà, les casinos ne sont pas si dupes qu’on le voudrait. Ayant bien compris – quelques joueurs malins ayant tenté l’expérience – que leur intérêt n’est pas là, ils veillent à disposer toujours de roulettes parfaitement équilibrées.